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Culture

Opéra : « Madame Butterfly” de Puccini au Teatro Real

Que peut-on dire de “Madame Butterfly” qui n´est pas déjà été commenté? Mais, même si on a déjà vu cet épatant opéra plusieurs fois, on appréciera la nouvelle version que présente, du 27 juin au 21 juillet,  Le Teatro Real de Madrid. Un montage originale, dirigée par Mario Gas, un des metteurs en scène théâtral les plus importants d´Espagne, qui situe l´histoire pendant le tournage d´un film sur cet opéra, aux alentours des années 30. La direction musicale a été confiée à Marco Armiliato et les costumes à l´italien Ezio Frigerio.

Giacomo Puccini (1858-1924) composa cet opéra qui parlait des épouses temporaires, une réalité très répandue au Japon de la fin du XIX siècle. Le monde occidental était, alors, fasciné par les geishas. Beaucoup de pays, notamment les Etats-Unis avaient entrepris des rapports diplomatiques et commerciaux avec de nombreuses nations orientales. L´exotisme d´un Orient imaginé par ces occidentaux se traduisait dans les œuvres de beaucoup d´artistes européens et américains. C´est dans ce contexte, que se situe le personnage de Madame Butterfly, une geisha, naïvement amoureuse d´un américain. « Madame Butterfly » est une déchirante métaphore des conflits entre Orient et Occident. Puccini composa un opéra délicat et romantique, parsemé de mélodies japonaises traditionnelles, qui fut, lors de sa première, en 1904, à La Scala de Milan, un échec total. En revanche, Puccini le considéra toujours comme son oeuvre la plus sincère, la plus expressive et la plus réussie. Le temps lui a donné raison.

Carmen Pineda

 

 

Opéra : El gallo de oro de Rimski-Kórsakov au Teatro Real

Du 25 mai au 9 juin, le Teatro Real présente l´opéra El gallo de oro de Nikolái Rimski-Kórsakov.  Auteur de Shéhérazade, Capriccio espagnol ou Le vol du bourdon, entre autres, Rimski-Kórsakov fut l'un des plus grands compositeurs russes de la seconde moitié du XIXe siècle. La direction musicale a été confiée au britannique Ivor Bolton qui dirigera son 9ème opéra au Teatro Real, après ses deux succès récents, « Billy Budd » et « Rodelinda ». Laurent Pelly sera en charge de la mise en scène.
La pièce est basée sur la fable éponyme d´Aleksandr Pushkin qui s´inspira à son tour des Cuentos de la Alhambra de Washington Irving.  

Très affecté par les événements politiques de l’année 1905, le musicien semble régler ses comptes à travers une caricature à peine voilée du Tsar Nicolas II qu’on devine sous le ridicule portrait du tsar Dodon, désireux de gouverner en dormant. 
Ce conte fantastique drôle et subversif mêle politique, absurde et féerie, autour d’une intrigue piquante : le tsar fainéant Dodon tient à se protéger de ses ennemis mais sans renoncer pour autant à dormir paisiblement. Un astrologue lui présente alors un coq en or aux pouvoirs magiques qui l’alertera à la première menace.

El gallo de oro est le dernier des quinze opéras que Rimski-Kórsakov composa.

Carmen Pineda

 

 

Opéra: Rodelinda de Haendel au Teatro Real

La première espagnole de « Rodelinda » de Georg Friedrich Haendel (1685-1759) aura lieu vendredi 24 mars. Le spectacle, qui se prolongera jusqu´au 5 avril, est une coproduction du Teatro Real avec l´Opéra de Lyon, l´Opéra de Frankfurt et le Gran Teatre del Liceu de Barcelona. La direction musicale a été confiée au britannique Ivor Bolton et la mise en scène à Claus Guth.
Opéra en 3 actes, Rodelinda est, des opéras de Haendel, celui qui a connu le plus grand succès. Händel compose une très belle musique qui apporte émotion, romantisme et dramatisme à l'histoire. 
Cet opéra raconte la vie de Rodelinda, qui mantient, contre vents et marées, son engagement avec son fiancé Bertarido, alors même qu'elle le croit mort. Elle refuse donc de se marier avec Grimoaldo, ambitieux usurpateur du trône qui veut l´épouser dans le seul but de contrôler Milan.

http://www.teatro-real.com/es/temporada-16-17/opera//rodelinda

Carmen Pineda

 

OPERA: La ciudad de las mentiras de Elena Mendoza et Matthias Rebstock

Lundi 20 février, aura lieu, au Teatro Real de Madrid, la première mondiale de l´opéra « La ciudad de las mentiras », créé par l´espagnole Elena Mendoza et Matthias Rebstock. Cinq séances, seulement, les 20, 21, 23, 24 et 26 février. Il s´agit d´une oeuvre très originale, à mi-chemin entre le théâtre musical expérimental et l´opéra traditionnel. Les auteurs nous proposent la découverte d´un univers musical, littéraire et dramatique différent et personnel qui donne une égale importance à la parole et à la musique. Un opéra où la femme a une place primordiale.

Elena Mendoza et Matthias Rebstock se sont inspirés de quatre récits de l´écrivain uruguayen Juan Carlos Onetti. Quatre femmes, une dame sans nom (soprano), Moncha (viola), Gracia (soprano) et Carmen (accordéon) vivent dans la ville imaginaire de Santa María et cherchent à échapper à une réalité oppressante et à la solitude. L´univers féminin que l´opéra nous présente est une métaphore de toutes les formes d´évasion possibles, y compris l´art. C´est ainsi qu´elles se réfugient dans un monde parallèle, quelque fois absurde, voire fou. Un monde où on n´arrive qu´à travers le mensonge. Chaque récit possède un univers musical différent mais toutes les histoires ont en commun une structure formelle identique, où plusieurs personnages défilent, s´accompagnant d´un solo de la chanteuse. Les sopranos Laia Falcon, Katia Guedes, l´accordéoniste Anne Landa et la violiniste Anna Spina donnent vie aux quatre personnages. La direction musicale a été confiée à Titus Engel.

http://www.teatro-real.com/es/temporada-16-17/opera/la-ciudad-de-las-mentiras

Carmen Pineda

 

OPÉRA: Billy Budd de Benjamin Britten au Teatro Real

Le Teatro Real  présente pour la première fois « Billy Budd », opéra du compositeur britannique Benjamin Britten (1913-1976). La direction musicale a été confiée à Ivor Bolton, connu internationalement comme un grand expert de la musique de Britten. Quant à la mise en scène, c'est de la britannique Deborah Warner, célèbre pour ses créations théâtrales comme Happy Days de Samuel Beckett ou The Waste Land de T.S. Eliot. Warner, en collaboration avec le décorateur canadien Michael Levine, a créé une production chargée d'un grand symbolisme puisque le bateau originel de « Billy Budd » devient une immense prison flottante.
L´action se déroule sur la frégate de guerre l´Indomptable, en 1797, alors que l´Angleterre est en conflit avec la France révolutionnaire.  La crainte d´une mutinerie commande toutes les réactions des officiers et la situation à bord est plutôt agitée. C´est alors que Billy Budd, un marin naïf et beau, monte à bord. Sa présence va déstabiliser l´équipage, ce qui donnera lieu à de cruelles réactions contre lui. Billy Budd connaîtra un destin tragique.

Carmen Pineda

 

OPERA: El holandes herrante (le vaisseau fantôme) de Richard Wagner au Teatro Real

Le Teatro Real de Madrid présente la production de « El holandés errante » (« Le vaisseau fantôme ») de Richard Wagner. La mise en scène de ce « Vaisseau fantôme», a été conçue par Alex Ollé, responsable de La Fura dels Baus, une compagnie théâtrale très connue en Espagne pour son originalité et sa recherche d´un espace scénique moins traditionnel qui fusionne l´imagination, la performance et le spectacle. La première de cette production très originale qui arrive à Madrid, a eu lieu à L´Opéra de Lyon, en 2014, où elle fut très bien accueillie.

Alex Ollé (avec son scénographe Alfons Flores) transpose le voyage à la dérive du hollandais depuis les eaux froides de la Mer du Nord jusqu´au Golfe du Bengale. Dans cette version, le vaisseau est traîné jusqu´au terrible port de Chittagong, au Bangladesh : un énorme cimetière de bateaux qui sont  démontés par des milliers de personnes qui abordent les navires abandonnés et pleins de résidus toxiques et de pièges mortels.

La direction musicale sera assurée par Pablo Heras-Casado, principal directeur musical invité du Teatro Real. Les chanteurs, spécialisés dans le répertoire wagnérien, seront les baritons Evgeny Nikitin et Samuel Youn (Le Hollandais), les basses Kwangchul Youn et Dimitry Ivashchenko (Daland), les sopranos Ingela Brimberg et Ricarda Merbeth (Senta), les tenors Nikolai Schukoff et Benjamin Bruns (Erik), les mezzosopranos Kai Rüütel et Pilar Vázquez (Mary), les tenors Benjamin Bruns et Roger Padullés (Le timonel de Daland).

« Le vaisseau fantôme» fut composé par Wagner en 1834, d´après un épisode des Mémoires de von Schnabelewopski, du poète allemand Heinrich Heine, dans lequel un marin est condamné à vagabonder à travers les océans jusqu´à ce que la fidélité et l´amour d´une femme le libèrent de cette malédiction. Wagner développe ses thèmes récurrents comme la lutte entre le monde matériel et le spirituel, la rédemption par l´amour… L´espace physique de cet opéra, une mer tourmentée et un village isolé, montre un univers de sonorités inspiratrices : les vagues, le vent, les mélodies ancestrales

Pour ceux qui ne pourront pas se rendre au Teatro Real de Madrid, cet opéra aura une ample diffusion au niveau national (retransmission à Radio Clásica de Radio Nacional de España) et à la UER, Union Europénne de radiodiffusion, le 29 décembre à 20h) et au niveau international (émission en différé sur France Télévision). L´Opéra pourra aussi être suivi à travers Palco Digital -https://www.palcodigital.com/-, la plateforme online du Teatro Real, le 23 décembre, à 20h.

Carmen Pineda

 

Opéra : La clemenza di Tito de Mozart au Teatro Real

“La clemenza di Tito” (« La clémence de Titus »), le dernier opéra composé par Mozart, sera présenté au Teatro Real de Madrid ce samedi 19 novembre. La production a été créée et réalisée par le couple Ursel et Karl-Ernst Herrmann du Festival de Salzsburg. Il s´agit d´un des premiers projets que Gérard Mortier (excellent directeur artistique du Teatro Real entre 2010 et 2013, avant l´actuel directeur, le très brillant Joan Matabosch) demanda à ces créateurs allemands et qui reçu déjà un accueil chaleureux lors de sa présentation à Madrid pendant la saison 2011-2012. Avec cette reprogrammation, le Teatro Real veut rendre hommage à Gérard Mortier.

Cet opéra fut commandé en l´honneur du couronnement de l´empereur Leopold II de Bavière, sacré roi de Bohème à Prague en 1791. Mozart n´avait pas terminé La Flûte enchantée et travaillait déjà au Requiem et, pourtant, 18 jours après qu´il reçut la commande, l´opéra était écrit. Ce fut le premier opéra de Mozart que l´on entendit à Londres.
L’empereur de Rome Titus qui aime Bérénice, est visé par un complot ourdi par l’ambitieuse Vitellia, qui veut l’épouser. Pour parvenir à ses fins elle se sert de l’amour que lui voue Sextus, ami cher au cœur de Titus. Bienveillant et empreint de justice, l’empereur finira par pardonner à tout les conjurés.

« La clemenza di Tito » sera dirigé musicalement par le français Christophe Rousset, grand expert du répertoire mozartien. Les tenors Jeremy Ovenden et Bernard Richter joueront alternativement le personnage de Titus ainsi que les sopranos Karina Gauvin et Yolanda Auyanet le feront pour le rôle de Vitellia. Les mezzosopranos Monica Bacelli et Maite Beaumont seront Sesto et les sopranos Sylvia Schwartz et Anna Palimina incarneront Servilia. 

Carmen Pineda

OPERA : Porgy and Bess - Gianni Schicchi. Une fin de saison éblouissante !

Porgy and Bess de Gershwin est réputé comme étant un opéra complexe à monter mais celui-ci fera date dans les annales opératiques. Tout y est parfaitement millimétré. Christine Crouse signe une mise en scène fluide et précise. Elle a actualisé l’œuvre en la transposant dans les townships sud-africains durant l’apartheid. Selon elle, « La pauvreté, le racisme, les différences de classe et le déplacement des populations sont des questions universelles.... Nous sommes confrontés quotidiennement à ces déséquilibres sociaux… Je fus frappée par certains parallèles entre la vie à Catfish Row et la société urbaine en Afrique du Sud ». Les autres points forts de cet opéra sont l’excellente chorégraphie de Sbo Ndaba, la subtilité de l’éclairage et l’efficacité du système de rotation des décors qui contribue à la fluidité du spectacle. Bien sûr les chanteurs ne sont pas en reste. Philisa Sibeko en Bess est étonnante.
Sa voix traduit avec justesse les revirements incessants de son personnage. Quant au chant de Lindile Kula en Porgy, il est sans excès que ce soit dans les moments de joie ou de tristesse. Leur duo fonctionne à merveille. 

Après Porgy and Bess place à l’excellente et originale mise en scène du Gianni Schicchi réalisée par celui qu’on ne présente plus : Woody Allen. C’est son premier opéra et sans doute le dernier. Malgré les multiples propositions, il ne se voit pas monter un opéra de 3 heures. Celui-ci ne dure qu’une heure mais Woody Allen a dû affronter un défi de taille, celui d’ « Empêcher une quinzaine de personnes de se cogner les unes contre les autres dans un espace restreint ! ». Il faut préciser qu’il ne s’est pas rendu la tâche facile, en choisissant de laisser sur scène tous les personnages durant toute la représentation. « Je ne peux pas imaginer de les laisser sur la scène, debout là, à ne rien faire ! ». Cette transgression des règles ne surprend pas, connaissant l’esprit farceur du réalisateur new-yorkais. Comme Christine Crouse, il a choisi de transposer l’œuvre de Puccini. L’Italie du Moyen-Age devient  une

Italie contemporaine. Et comme il est avant tout un cinéaste il n’a pu s’empêcher de diriger cet opéra comme s’il tournait un vieux film italien en noir et blanc. « Cette idée de décor en noir et blanc est merveilleuse. Il nous fait lire entre les lignes de ce que dit Puccini. », explique le ténor Placido Domingo qui interprète Gianni Schicchi. Lui qui rêvait d’être dirigé par Woody Allen est comblé et nous aussi. 

OPERA COMIQUE : La fille du régiment. Une comédie truculente !

 

Marie une jeune orpheline, vive d’esprit et débordante d’énergie, travaille au service d’un régiment d’infanterie. Son prétendant s’y enrôle pour être auprès d’elle. Ils sont sur le point de se marier quand Marie retrouve sa mère, une aristocrate rétrograde.  Leur projet sera alors contrarié par ces retrouvailles.
Intrigue amoureuse, critique sociale et fin heureuse, cet opéra réunit tous les ingrédients d’une bonne comédie. Le compositeur italien, Donizetti, le compose à Paris. Son opéra est une ode à l’armée française. Il se déroule en 1805 dans le Tyrol occupé par les troupes de Napoléon 1er. Ce n’est pas exactement la trame choisie par Laurent Pelly qui, avec l’aide d’Agathe Mélinand, situe l’action pendant la 1ère guerre mondiale et modère l’enthousiasme patriotique pour accentuer le caractère drolatique de l’œuvre.
Laurent Pelly n’a pas seulement dépoussiéré judicieusement l’opéra de Donizetti mais il a surtout réussi à créer une mise en scène avec un incroyable sens du rythme et une cascade d’effets scéniques hilarants. Il déchaîne les rires du public quand tenus en joue les aristocrates ripostent en dansant et chantant sur un air d’accordéon. Le chant menaçant du régiment opposé à la légèreté et à l’insouciance soudaine de la noblesse crée un effet comique. De même quand Marie repasse de manière énergique sur des paroles guerrières qui demanderaient plus de sérieux. Ou bien encore cette scène où les soldats, dans leur costume de poilus de la guerre de 14, se déplacent sur une carte d’état-major gigantesque, modelée en forme de montagnes tyroliennes. Ils paraissent alors dérisoires, ainsi réduits à la taille de soldats de plomb.
Laurent Pelly n’attache pas seulement de l’importance à la mise en scène mais aussi aux costumes. Ils doivent s’intégrer parfaitement au décor. «Le chanteur doit être contraint dans une image pour avoir de la liberté dans son interprétation.», explique-t-il et cela se sent dans le jeu des chanteurs. 
Laurent Pelly a monté cet opéra en 2007, à Londres, avec dans le rôle de Marie, la désopilante Nathalie Dessay et dans celui de Tonio, le magnifique Juan Diego Florez. Depuis, sa version de La fille du régiment a fait le tour du monde et sa mise en scène a été unanimement encensée. Elle arrive aujourd’hui au Teatro Real de Madrid avec une distribution différente mais n’en perd pas pour autant sa drôlerie et son inventivité originelles.

 

Opéra de chambre : Katia Kabanova. Au cœur de l’action

André Engel est metteur en scène d’opéra et de théâtre.
ll a abordé la mise en scène dans les années 70. Dans ces années-là, les metteurs en scène, tel Ariane Mnouchkine, Robert Wilson ou Peter Brook, osaient explorer des terrains inconnus. Dans le même état d’esprit aventurier, André Engel a transposé la scène dans des lieux insolites (hangar, mines de fer, haras…).
Pour sa version de Katia Kabanova, il a voulu rendre hommage au travail de Peter Brook, adepte de « l’espace vide ». Il a donc choisi les Bouffes du Nord, théâtre du metteur en scène britannique, pour transcrire l’un des plus beaux opéras de Leos Janacek en opéra minimaliste.
La musicienne Irène Kudela, primée en musique de chambre, a réécrit la pièce pour un piano. Pour rester dans le style simple des Bouffes du nord, il a demandé à son collaborateur, Nicky Rieti, de réaliser un décor dans les tons du théâtre, de couleur rouille et ocre, marqué par l’usure du temps. Pour cet opéra intimiste, André Engel a travaillé avec de jeunes chanteurs professionnels. Il a laissé la direction du chant à Irène Kudela, compatriote du compositeur tchèque, et s’est concentré sur le texte et le jeu. Il a dirigé les chanteurs comme il l’aurait fait pour des acteurs. «L’objectif était d’obtenir une compréhension juste de chaque mot du livret. Ainsi, on s’approche du cœur du théâtre, en répétant la crédibilité d'un sentiment, d’un deuil, d’un châtiment et en l’adaptant ensuite au chant ». 
Engel a réussi à donner à chaque chanteur une véritable personnalité. Tous interprètent avec intensité cette histoire riche en émotions. Celle d’une jeune femme mariée contre son gré, à la recherche de la liberté mais celle-ci à un prix et Katia kabaranova en paiera le prix fort. 

 

Double opéra : Black, el payaso et I pagliacci. Et si la vie n’était qu’une mascarade ?

Bienvenue dans le grand cirque du monde où la réalité et la fiction se mêlent et s’entremêlent.

La représentation commence d’un ton plutôt léger avec l’opéra bouffe (Zarzuela) « Black el payaso » composé par Sorozabal. Un clown dénommé Black se produit dans un théâtre avec son compère le clown White.
Durant la représentation la Princesse Sofia le confond avec le Prince Daniel. Un personnage de fiction, le clown, peut-il devenir un bon roi et gouverner un pays ?
Telle est la question fondamentale de cette zarzuela adaptée de la nouvelle française La princesse aux clowns de Jean-José Frappa.

Avant de rejoindre l’univers des amours contrariés del pagliacci de Leoncavallo, les mélomanes découvriront durant l’entracte les photos, illustrations et textes de « Este mundo es un circo ». L’exposition et les deux opéras traitent de la même thématique qui, selon le metteur en scène Ignaccio Garcia, pose les questions suivantes : « Qu’y-a-t’il derrière le masque ? Que se passe-t’il chez ces comédiens, qui essaient de faire rire le public, quand ils rentrent chez eux ? Quand le rideau tombe ? ». 

I Pagliaci
, volontairement programmé en deuxième partie, répond à ces questions. Ce drame lyrique dévoile les coulisses d’une troupe ambulante. Le directeur de la troupe découvre que sa femme le trompe avec un des acteurs. Obnubilé par cette trahison, il se prend au jeu de la pièce de théâtre où Colombine (sa femme) le trompe avec Arlequin. Traité dans la pièce de pagliacci (clown) par sa femme, il lève alors le masque et fait basculer la farce dans la vie réelle. 
« le monde est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles » (Shakespeare, extrait de Comme il vous plaira).

Opéra : Requiem de Verdi : MAGISTRAL !

Splendide, émouvant, irrésistible, un maestro au zénith de son art, un Requiem qui balaye tous les autres…
Les éloges pleuvent sur cette interprétation du Requiem de Verdi par le « maestrissimo » Riccardo Muti. « J’ai fait de l’interprétation de Verdi la priorité artistique de ma vie. J’ai voulu lui rendre sa noblesse », nous dit le chef d’orchestre italien.
Verdi serait comblé s’il pouvait entendre ce Requiem. De son vivant, le compositeur avait le cœur retourné en écoutant les musiciens interpréter ses œuvres « je vous en prie, suppliait-il, faites ce que j’ai écrit ». Muti n’a jamais trahi Verdi, au risque parfois de se faire huer par le public. Il retire ainsi le contre-ut final du fameux « di quella pira » de Manrico dans Le Trouvère, car la note n’est pas écrite dans la partition originale de Verdi. Sa maîtrise de la direction d’orchestre mène ce Requiem au pinacle de sa beauté. Riccardo Muti harmonise avec maestria le passage difficile de la fugue à deux chœurs du « Sanctus ». Par petites touches, il éclaire tel passage instrumental ou vocal sublimant ainsi l’œuvre de Verdi.
Le compositeur a donné son âme pour sa musique et les mélomanes du monde entier le reconnaissent. « Il pleura et aima pour tous, nous nous nourrissons de lui comme du pain » écrira le poète Gabriele d’Annunzio à sa mort.
Seules quelques places restent en vente, à un prix assez élevé. La musique des anges n’a pas de prix.

Opéra : Rigoletto La tragédie derrière le rire

Rigoletto vient du français « rigolo ».
Tel est le nom du protagoniste principal de cet opéra populaire de Verdi, adapté de la pièce de Victor Hugo « Le roi s’amuse ».
Rigoletto est un bouffon au service du duc de Mantoue, un Don Juan qui se complait dans la séduction et la conquête. Mais voilà qu’un jour, à force de se moquer des maris ou des pères bafoués par son maître, Rigoletto va être maudit. « La commedia è finita ! » pourrait-on dire (moment célèbre du « Pagliacci » de Ruggero Leoncavallo).
A partir de cet instant-là, en effet, l’opéra-comique se transforme en tragédie. Car le bouffon Rigoletto est aussi le père d’une magnifique jeune fille, qu’il garde précieusement à l’abri des yeux concupiscents de son maitre.

Cet opéra de Verdi qui a subi la censure, comme la pièce de Victor Hugo, pour sa critique de la royauté, remportera un succès retentissant. L’aria « la dona e mobile » est sur toutes les lèvres. Verdi atteint avec Rigoletto le sommet de son art. Les arias, les duos et les ensembles expriment avec perfection les états d’âmes des personnages. Verdi déclarera d’ailleurs que c’est sa meilleure composition.

C’est donc avec un chef d’œuvre que s’ouvre la saison des opéras. Le teatro Reina Victoria présente pour la première fois en Espagne, Le « Rigoletto » mis en scène par Carlos Wagner pour le festival Zomeropera de Belgique. L’opéra a fait salle comble et Marco Moncloa, dans le rôle de Rigoletto, a été ovationné. C’est sans nul doute un grand moment d’opéra qui nous attend entre Marco Moncloa l’un des meilleurs barytons espagnols et Carlos Wagner admiré en France pour ses mises en scène audacieuses et inventives.

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