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Culture
EXPOSITION : Paul Delvaux: paseo por el amor y la muerte. A la découverte du monde intérieur de Delvaux

Les peintures de Paul Delvaux ont la particularité de faire pénétrer le visiteur dans le monde des rêves. Ce monde, dans lequel nous plonge le sommeil, nous le découvrons, à travers les fantasmes du peintre. Son monde intérieur se dévoile au fil d’une Promenade avec l’amour et la mort. Il est peuplé de femmes dénudées mais inaccessibles, de trains circulant dans des lieux désertiques et de squelettes agissant comme s’ils étaient vivants. Ces derniers n’ont rien de morbides. Ils représentent seulement ceux qui ont vécu et qui ne sont plus. Cette fascination pour les squelettes remonte à son enfance et à ses cours de biologie. De même son attirance pour les trains. Sa série de scènes nocturnes où une fillette se retrouve, seule, sur le quai d’une gare déserte le renvoie à sa peur, enfant, d’être abandonné par sa mère. De manière générale, les lieux dans la peinture de Delvaux sont peu habités. Ici et là, des femmes nues, quelquefois habillées, occupent des espaces d’une blancheur glaciale et silencieuse où les colonnes grecques, imposantes, appellent à la méditation. Les critiques ont vu dans cette architecture antique l’influence du peintre surréaliste De Chirico. C’est grâce à lui que Delvaux découvre la peinture sans tabous. Ses femmes dénudées se promènent naturellement dans ses tableaux. Leurs yeux immenses, noirs, insondables, contribuent à les rendre inaccessibles et mystérieuses. Ainsi les perçoit le peintre, projetant sur la toile son vécu. Sa mère l’écrase sous son autorité, son mariage le déçoit et il revit, avec sa dulcinée, l’amour platonique de Tristan et Iseult. Ces relations impossibles ou contrariés ont certainement influencé sa façon de peindre. Delvaux convertit la femme en objet de curiosité. Souvent, il intègre parmi elles, des scientifiques vêtus de noir et portant le lorgnon comme pour mieux les observer. Bien que nues, elles ne sont nullement lascives ou ensorceleuses. La nudité chez Delvaux est naturelle, sans aucune connotation érotique. « Balancé entre la sensualité et le respect, j'ai peint des femmes qui sont une sorte de compromis entre Eve et la Vierge Marie. Elles sont vertueuses jusque dans leur impudeur », explique Paul Delvaux. « Je les peins parce qu'elles sont belles et désirables. ». Mais elles gardent leur distance avec les hommes, telles des icônes. Elles se touchent entre elles ou bien enlacent le torse nu et parfait d’une statue masculine grecque mais elles ignorent la présence des hommes qui les regardent ou des scientifiques qui les étudient pour tenter de percer leur mystère. Celui que Delvaux cherchera à élucider toute sa vie. Pour lui, il ouvre les portes de son inconscient, imprégnant ses toiles d’une atmosphère onirique voire surréaliste. Pourtant à la question « êtes-vous un peintre surréaliste ? », il répond : « Pas toujours. Je ne suis pas un inventeur de formes. Je suis plutôt, disons, un naturaliste: je ne déforme pas la nature et je ne le veux pas ». 

INFOS PRATIQUES

Jusqu’au 7 juin 2015
Museo Thyssen-Bornemisza
Paseo del Prado 8 - Métro Banco de España
http://www.museothyssen.org/microsites/exposiciones/2015/delvaux 

 

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